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CRÉER DES
FONDS AUTONOMES NATIONAUX ET
SOUS-RÉGIONAUX
DE MICROCRÉDIT
Dr Salehuddin Ahmed
Directeur
général
Palli Karma-Sahayak Foundation (PKSF)
Dhaka, Bangladesh
Ce
rapport vise à poursuivre le programme dapprentissage de la
campagne du Sommet du microcrédit. La traduction, limpression
et la diffusion en ont été rendues possibles par un don de Grameen
Foundation USA. Les vues exprimées sont celles de lauteur
et ne reflètent pas nécessairement les vues de la Campagne du Sommet
du microcrédit ni de Grameen Foundation USA.
Table
des Matières
Résumé
analytique
Section 1 Justification d'un fonds de microcrédit autonome
1.1 Nécessité
1.2 Principaux objectifs des FMC
1.3 Impact sur les pauvres et les très pauvres, et
réalisation des objectifs du Sommet du microcrédit
Section 2 Structure institutionnelle des Fonds
2.1
2.2 Structure de gouvernance
2.3 Gestion
2.4 Autonomie
Section 3 Financement
3.1 FMC nationaux
3.2 FMC sous-régionaux
3.3 Sources de financement privé
Section 4 Politique
de financement des institutions de microfinance partenaires (IMF)
des FMC
4.1
Stratégies des programmes de crédit des FMC
4.2 Caractéristiques dominantes des programmes de crédit
des IMC
4.3 Conditions à remplir par les IMC pour recevoir
des fonds
4.4 Règles comptables et daudit
4.5 Gestion de lépargne des bénéficiaires
4.6 Gestion des impayés
4.7 Évaluation de la performance des IMC
Section 5 Stratégies de mise en oeuvre
5.1 Système dinformation de gestion (SIG)
5.2 Valorisation des ressources humaines
Section 6 Développement institutionnel
Section 7 Cadre réglementaire
Section 8 Relations entre les FMC sous-régionaux, les FMC nationaux
et les IMC nationales
Section 9 Conclusion
Section 10 PALLI KARMA-SAHAYAK FOUNDATION (PKSF) : LE FONDS DE MICROCRÉDIT
NATIONAL APEX AU BANGLADESH (Étude de cas)
10.1 Objectifs de PKSF
10.2 Stratégie opérationnelle de PKSF
10.3 Structure juridique de PKSF
10.4 Organisation et composition
10.5 Programmes
10.6 Exécution des programmes
10.7 Fonds
10.8 Réalisations de PKSF
10.9 Viabilité des OP et rôle de PKSF
10.10 Leçons à tirer du modèle de PKSF
Section 11FONCAP S.A.-FONDO DE CAPITAL SOCIAL ARGENTINA (Étude
de cas)
11.1
Justification du FONCAP
11.2 Structure institutionnelle du fonds
11.3 Financement : Comment former des partenariats
et obtenir des fonds tout en préservant lautonomie
11.4 Politique de sélection des IMF partenaires
11.5 IStratégies de mise en oeuvre
11.6 Portefeuille du FONCAP (novembre 2000)
Section 12 DÉPARTEMENTS DINITIATIVES LOCALES EN BOSNIE-HERZÉGOVINE
(Étude de cas)
12.1
12.2 Modalités dexécution
12.3 Performance des IMF
12.4 Renforcement des capacités institutionnelles
12.5 Réforme du système juridique et réglementaire
12.6 Performance du portefeuille des DIL ( 31 décembre
1998)
12.7 Perspectives davenir

Pour
réaliser lobjectif du Sommet du microcrédit, atteindre 100
millions de familles très pauvres1
à travers le monde dici à 2005, différentes mesures doivent
être prises en vue dallouer davantage de ressources aux pauvres
de la manière la plus efficace en regard des coûts induits. Le mécanisme
de transfert de fonds, en particulier les fonds publics et les fonds
des bailleurs, aux institutions de microcrédit2
par lintermédiaire dinstitutions de financement
autonomes faîtières peut savérer efficace, rapide et économique.
Il importe donc de créer des fonds de microcrédit (FMC) aux niveaux
national et sous-régional. Les FMC peuvent assurer deux fonctions
cruciales : intermédiation financière et mise en place dinstitutions
de microcrédit viables. La structure institutionnelle de ces fonds
doit régler de manière efficace les problèmes juridiques et de structure
du capital social, de gouvernance, de gestion et dautonomie
des FMC. La structure du capital social devrait combiner judicieusement
lÉtat, la société civile et le secteur privé. Pour éviter
toute ingérence politique et lourdeur bureaucratique, lautonomie
du fonds doit être reconnue par lÉtat et par toutes les autres
parties prenantes. Rappelons que lautonomie nest pas
un don du ciel ; elle nécessite un engagement politique
du gouvernement. Cest une tâche difficile mais pas impossible,
comme le montre létude de cas sur Palli Karma Sahayak Foundation
(PKSF) au Bangladesh. Lun des principaux atouts des fonds
de microcrédit autonomes est la possibilité de présélectionner et
de suivre un grand nombre de programmes de microcrédit (PMC) suivant
les mêmes critères normalisés, contrairement aux évaluations ad
hoc souvent incohérentes des PMC individuels par les bailleurs
de fonds et les organismes publics. Les sources de financement des
FMC peuvent inclure lÉtat, les organismes bailleurs de fonds,
les institutions financières internationales, la banque centrale
et les banques commerciales dun pays. La condition nécessaire
de financement est que le gouvernement dun pays engage ses
propres ressources, autrement dit sengager à aider les pauvres
par lintermédiaire dun fonds de microcrédit autonome.
Les fonds de microcrédit devraient suivre des normes et des procédures
concrètes pour évaluer les organisations partenaires dans des domaines
tels que : comptabilité et audit, gestion des retards et impayés,
systèmes dinformation de gestion, valorisation des ressources
humaines et viabilité. Les études de cas de PKSF au Bangladesh,
Fondo de Capital Social (FONCAP) en Argentine et Local Initiatives
Department (LID) en Bosnie-Herzégovine illustrent les caractéristiques
dominantes des fonds de microcrédit. Les aspects processus
et résultats sont brièvement analysés dans les trois
études de cas. Bien que ces trois cas diffèrent par leur nature
et leur situation géographique, ils présentent des éléments communs
: volonté des pouvoirs publics et des autres parties prenantes de
poursuivre des opérations de microcrédit, relative autonomie des
fonds, systèmes dexécution rapides et efficients, bons systèmes
de gestion et dinformation, et évaluation des organisations
partenaires basée sur les résultats. Aucun système nest parfait,
et les conditions dans lesquelles un système est mis en place ne
sont peut-être pas parfaites, mais il faut avoir le courage dintroduire
un mécanisme inédit tel quun fonds de microcrédit qui a déjà
fait ses preuves dans dautres régions du monde. Les critiques
adressées aux fonds autonomes ont déjà été contredites par la réalité
des faits. Ces fonds apex ont démontré les vastes possibilités quils
offrent pour venir en aide aux populations les plus déshéritées.

Cest la réalisation dun rêve :
les prêts portent chance aux femmes des communautés rurales
Encore récemment,
Razia Begum de Charfashion Thana dans le district de Bhola au Bangladesh
pouvait à peine servir trois repas par jour à sa famille. Aujourdhui,
cette mère de famille de 35 ans gagne largement de quoi faire face
à ses besoins mensuels et rêve de prospérité. Mère de six enfants,
Razia ignorait pratiquement tout des soins de santé primaires et
de lassainissement. Aujourdhui, les membres de sa famille
utilisent des sanitaires et consultent un médecin quand ils sont
malades. Lorsque ses enfants étudient le soir, Razia lit et écrit
avec eux. Je naurais jamais imaginé que je serais un
jour capable de signer mon nom. Aujourdhui je peux, grâce
à lAssociation pour le développement familial (Family Development
Association - FDA). FDA a changé ma vie", a déclaré avec le
sourire Razia, qui tisse des articles ménagers avec du bambou et
des tiges. Son mari laide également dans son travail. Les
articles quelle confectionne sont très demandés dans sa région
à cause de leur qualité. Elle ne va jamais au marché. Les clients
viennent chez elle pour acheter ses produits. Tout a commencé il
y a huit ans avec un prêt de 3000 taccas (60 dollars) de Paribar
Unnayan Sangstha (FDA), une organisation locale non gouvernementale
affiliée à Palli Karma-Sahayak Foundation (PKSF). Les fonds de PKSF,
la première institution faîtière de financement du microcrédit du
monde, sont versés aux ONG, aux coopératives et à la Banque ANSAR
VDP parrainée par lÉtat. PKSF a 174 organisations partenaires
actives (OP), dont BRAC, PROSHIKA et ASA dans 63 districts du Bangladesh,
avec quelque 1,8 millions de bénéficiaires. PKSF naccorde
pas simplement des prêts à ses OP ; elle forme également leurs employés
et leur offre des services de développement institutionnel afin
de mieux gérer leurs prêts. PKSF accorde également des prêts sans
intérêt à ses OP pour lachat dordinateurs, de motocyclettes
et de bicyclettes.

Le
microcrédit sest avéré un moyen de lutte efficace contre la
pauvreté en offrant aux pauvres la possibilité davoir accès
aux ressources et aux services financiers. Dans la plupart des pays
du monde, bailleurs de fonds, entreprises, particuliers et pouvoirs
publics fournissent des fonds à diverses institutions de microcrédit
nationales (IMC) pour mener à bien des programmes de microcrédit
(PMC). Pour réaliser lobjectif du Sommet du microcrédit, atteindre
100 millions de familles très pauvres à travers le monde dici
à 2005, différentes mesures doivent être prises en vue de consacrer
davantage de ressources à la promotion du microcrédit et de faire
en sorte que ces ressources soient transférées aux IMC de manière
optimale par rapport au coût. Le mécanisme actuel de transfert de
fonds aux IMC, en particulier les fonds publics et les fonds des
bailleurs, sest avéré inefficace. Le coût total des transferts
directs de fonds aux programmes de microcrédit (ou détaillants)
est généralement élevé lorsquon prend en compte le coût des
études de faisabilité, des missions dévaluation, du suivi,
de lévaluation, des rapports à fournir, etc. Cest tout
particulièrement le cas lorsque lorganisme de financement
na pas de bureau permanent ni de personnel qualifié à proximité
du PMC financé. Les PMC doivent avoir facilement accès à un processus
souple, simple à utiliser, consultatif et rapide dans leur zone
dintervention. En raison du coût élevé des transferts directs
de fonds aux PMC, et parce quil coûte également cher à beaucoup
de PMC dencaisser et dadministrer ces fonds, une proportion
relativement faible de ces fonds est effectivement fournie sous
forme de prêt aux plus pauvres. Il est très difficile de calculer
le pourcentage des fonds versés aux pauvres par les bailleurs, mais
selon les estimations, environ 51 % des fonds de base du CGAP ont
été versés aux populations très pauvres à titre de prêts directs
au cours des trois premières années dexistence du fonds, le
reste ayant été consacré au renforcement des capacités, à lassistance
technique, aux conférences, etc. Selon une autre estimation concernant
le fonds de lUSAID, les très pauvres reçoivent tout au plus
25 % du montant total des fonds. Entre 10 et 25 % des fonds des
bailleurs atteignent effectivement les très pauvres ; le reste est
consacré à ladministration, aux frais généraux, à la formation,
au renforcement institutionnel et aux consultants (Prof. M. Yunus
"How Donor Funds Could Better Reach and Support Grassroots
Microcredit Programs Working Towards the Microcredit Summit's Goal
and Core Themes," Abidjan, juin 1999). Il importe donc de créer
des fonds de microcrédit (FMC) autonomes et efficients. Dans un
grand pays ou dans un pays où les PMC présentent un vaste potentiel,
il est possible de créer des fonds nationaux. Dans les petits pays
où les PMC sont peu développés, on pourra créer des fonds sous-régionaux.3

Lun
des principaux atouts des fonds de microcrédit autonomes est la
possibilité de présélectionner et de suivre les programmes de microcrédit
(PMC) suivant des critères normalisés, contrairement aux évaluations
ad hoc souvent incohérentes des PMC individuels réalisées
par les bailleurs de fonds et les organismes publics. Lorsque le
financement et lappui répondent aux même normes, les règles
du jeu sont équitables. Luniformisation des règles de suivi
contribue également à créer des PMC plus professionnels qui peuvent
devenir des institutions de microcrédit structurées participant
à la lutte contre la pauvreté. Notons que PKSF a joué à la fois
le rôle dintermédiaire financier et de créateur de débouchés.
i) Au début, PKSF s'est uniquement
concentré sur les petites ONG et a lourdement investi dans leur
développement institutionnel en octroyant des prêts avec parcimonie.
Au bout de trois ans, les petits partenaires de PKSF étaient capables
d'attirer les clients de trois grandes organisations de prêt aux
particuliers. Elles ont rapidement réagi à ce nouvel environnement
compétitif. Le Comité du Bangladesh pour le développement rural
(Bangladesh Rural Advancement Committee - BRAC) a entrepris de réorganiser
son programme en mettant davantage l'accent sur la viabilité pendant
la période 1991-1994. Proshika a restructuré son programme de microcrédit
en 1994. L'organisation n'a offert des instruments d'épargne à ses
clients qu'après être devenue le partenaire de PKSF en 1996. L'Association
pour l'avancement social (Association for Social Advancement - ASA)
et PKSF ont d'excellents rapports de partenariat depuis 1992. Forte
de sa collaboration avec PKSF, l'ASA s'est empressée de restructurer
son programme de crédit. L'ASA s'est développée avec PKSF et est
aujourd'hui l'une des institutions de microfinance (IMF) les plus
performantes du monde
.ii) En 1996 PKSF a institué
une norme pour le secteur de la microfinance au Bangladesh. Non
seulement elle a promu les technologies financières de la banque
Grameen, mais elle a également favorisé dautres technologies.
La plupart des bailleurs de fonds considèrent que leurs partenaires
devraient sadresser à PKSF pour développer leurs PMC. La Banque
mondiale a joué un rôle clé à cet égard. BRAC & Proshika ont
également fait une demande de fonds à PKSF. Un rigoureux contrôle
de gestion a permis de déclarer quelles répondaient aux conditions
requises pour devenir OP de PKSF. À noter que les deux institutions
ont apprécié les suggestions de PKSF lorsquelles ont été convaincues
de pouvoir consolider leurs capacités institutionnelles en suivant
les instructions de PKSF. Ce ne fut certes pas simple : PKSF a dû
gagner leur respect.
Leffort
de rationalisation poursuivi par de nombreux bailleurs de fonds
et gouvernements pour financer des institutions plutôt
que des projets ad hoc confirme les arguments en faveur
des fonds de microcrédit autonomes.
Avec 189 OP, PKSF a
consenti à ce jour plus de 165 millions de dollars de prêts à plus
de 2,13 millions demprunteurs. Quatre-vingt dix pour cent
de ces emprunteurs sont des femmes. Les bénéficiaires de PKSF sont
en majorité des individus qui possèdent jusquà 0,5 acre (0,2
hectare) de terres ou des actifs dune valeur équivalente à
1 acre de terre arable (0,4 hectare). Tous les bénéficiaires de
PKSF vivent en dessous du seuil de pauvreté (2122 k. cal par personne
par jour) et entrent à ce titre dans la catégorie des très
pauvres'.
Lobjectif central
des FMC nationaux et sous-régionaux devrait être doffrir
aux pauvres et aux très pauvres des services financiers dans le
cadre de FMC assortis de dispositifs institutionnels viables.
Bien que les FMC nationaux et sous-régionaux puissent fournir différents
services pour promouvoir le développement des PMC dans leurs zones
dintervention respectives, leurs deux fonctions principales
devraient être lintermédiation financière et la mise en place
dinstitutions viables.
Les
deux fonctions susmentionnées devraient produire deux résultats
importants :
(i)
Le fonds de microcrédit (FMC) mobilisera des fonds auprès des gouvernements
et des bailleurs sous forme de prêts et de dotations en capital,
et transfèrera ces fonds aux IMC locales pour financer les PMC dans
leurs communautés. Ces IMC doivent être autonomes et indépendantes
du contrôle direct de lÉtat ; elles doivent avoir des fonds
disponibles pour avance aux pauvres et aux très pauvres.
(ii) Le rôle dintermédiation
du FMC renforcera donc les capacités des organisations locales à
créer un système viable de services financiers pour les pauvres
et les très pauvres. Cela améliorera la compétitivité et lefficacité
des IMC à fournir des prêts de façon rapide, efficace et économique.
Les IMC seront viables, tandis que les organisations ad hoc et dassise
fragile disparaîtront peu à peu. À terme, le FMC pourra jouer le
rôle dintermédiaire entre les IMC et les marchés de capitaux
privés en fournissant une cote de solvabilité des IMC et en titrisant
les portefeuilles des IMC.
Certains experts pensent
que les organisations faîtières ne sont pas viables sans IMC ou
PMC viable. Ils persistent donc à dire que dautres mécanismes
seraient plus appropriés que les organisations faîtières pour mettre
en place des organisations viables de microfinance de détail. Les
deux arguments reposent sur lexistence de marchés financiers
réglementés au lieu dIMC indépendantes, autonomes et compétitives.
Les organisations faîtières aideront à créer de nouvelles IMC et
les aideront à devenir viables financièrement. Le fait que dans
certains pays les programmes de microfinance aient obtenu dexcellents
résultats en labsence dorganisations faîtières solides
(en Indonésie, par exemple) nélimine pas la nécessité dune
organisation faîtière. Bien que BRI en Indonésie ait créé des programmes
de microfinance concluants, ces programmes sadressent rarement
aux très pauvres et ses clients ne sont pas toujours directement
comparables à ceux dautres organisations qui visent spécifiquement
les très pauvres. Les fonds apex restent donc une nécessité pour
fournir des services de microfinance aux très pauvres dans tous
les pays attachés à poursuivre lobjectif du Sommet du microcrédit.
Certains analystes
affirment à tort que PKSF a été créé dans un marché de microfinance
évolué possédant de solides capacités de détail. En fait, pas une
seule IMF nétait en mesure de fonctionner durablement en 1990,
à part la Banque Grameen. Le portefeuille total des ONG-IMF était
de 4 milliards de taccas (7,4 millions de dollars ) en 1990. La
qualité de ce portefeuille était loin dêtre acceptable. BRAC,
la plus grande ONG-IMF du Bangladesh, avait des difficultés à mettre
en place une technologie de prêt approprié au début des années 90.
Elle a tenté de sassocier avec des organisations villageoises
pour offrir du microcrédit, stratégie quelle a abandonnée
en 1993. Proshika, une autre ONG-IMF importante, avait un programme
de microcrédit de nature caritative jusquen 1994. ASA, lune
des meilleures IMF du monde, na pas eu de programme de microcrédit
avant 1992. TMSS, la quatrième IMF du Bangladesh, avait un portefeuille
de 0,2 millions de taccas (3 714 dollars) en 1991, avec moins de
400 clients actifs. Qui plus est, environ 90 % des ONG-IMF actuelles
navaient pas de programme de microcrédit en 1990, lannée
de création de PKSF.
Le tableau suivant
illustre la capacité faible de détail du secteur de la microfinance
au Bangladesh au début des années 90. Le portefeuille total des
ONG-IMF atteignait 0,4 milliards de taccas (7,4 millions de dollars)
en 1990. La taille de ce portefeuille a augmenté de 4 500 % au cours
des dix dernières années. Il est intéressant de noter quil
na progressé que de 900 % dans la première moitié des années
90. Cela montre que le secteur de la microfinance au Bangladesh
a connu un véritable essor au cours des années 90, plus particulièrement
dans la deuxième moitié de la décennie.
Le tableau montre la
multiplication des organisations partenaires de PKSF. Il indique
également la faible capacité de détail du secteur au début des années
90.
|
Année |
Nbe dOP
|
Nbe cumulatif dOP
|
Encours de fonds (dollars)
|
| 1990-91 |
23 |
23 |
55 710 (Tk 3,0
mill) |
| 1991-92 |
27 |
50 |
531 102 (Tk
28,6 mill) |
| 1992-93 |
31 |
81 |
2 436 384 (Tk
131,2 mill) |
| 1993-94 |
18 |
99 |
4 969 332 (Tk
267,6 mill) |
| 1994-95 |
17 |
116 |
8 519 916 (Tk
458,8 mill) |
| 1995-96 |
12 |
128 |
13 596 954 (Tk
732,2 mill) |
| 1996-97 |
22 |
150 |
22 724 109 (Tk
1223,7 mill) |
| 1997-98 |
20 |
170 |
48 486 270 (Tk
2611,0 mill) |
| 1998-99 |
12 |
182 |
76 840 803 (Tk
4137,9 mill) |
| 1999-2000 |
07 |
189 |
108 599 210
(Tk 5848,1 mill) |
À
partir de lexpérience de PKSF, on peut définir les conditions
à remplir pour avoir un FMC valable:
a) Les gouvernements des
pays en développement doivent prendre des mesures pour intégrer
la microfinance dans la politique officielle à long terme. Lappui
soutenu des pouvoirs publics est une condition essentielle au succès
des organisations faîtières de leur pays
b) Les bailleurs de fonds
doivent agir de concert de manière à promouvoir la microfinance
pour en faire un système viable.
c) Lorganisation
faîtière devrait être conçue dès le début pour promouvoir le secteur
de la microfinance dans une optique à long terme, de manière à le
rendre viable dans des délais raisonnables (environ 12 ans). Cet
objectif doit se refléter dans la structure de coût. Pour un secteur
de la microfinance restreint, lorganisation faîtière sera
également restreinte. Il importe dinsuffler une attitude positive
au personnel dès le début.
d) Les bailleurs de fonds
devraient diffuser des informations sur les meilleures pratiques
auprès de lorganisation faîtière, et lui permettre de mettre
en place ses propres mécanismes de prêt de façon à ce quelle
se les approprie.
e) Un marché de la microfinance
établi nest pas une condition indispensable pour créer une
organisation faîtière efficace dans un pays. Dans tous les pays
en développement (et même dans certains pays industrialisés), les
besoins de microfinance sont énormes. Dès le départ, lorganisation
faîtière intégrera le développement du marché dans son rôle dintermédiation
financière.
f) Les technologies de
prêts de lorganisation faîtière devraient donner aux IMF suffisamment
de temps pour générer des excédents, dont une partie pourra servir
à créer de nouveaux produits financiers. Aucune subvention ne devrait
être accordée à cet égard, pour inciter à trouver des moyens efficaces
et économiques doffrir de nouveaux produits financiers aux
pauvres.
g) Lorganisation
faîtière dun pays devrait être clairement daccord avec
ses organisations partenaires (OP) sur les délais nécessaires pour
quelles atteignent la viabilité institutionnelle et financière.Lefficacité
dune organisation faîtière comme PKSF peut également se mesurer
à la rapidité avec laquelle ses organisations partenaires (OP) deviennent
financièrement viables. Comme on verra à la section 1.3, PKSF est
aujourdhui financièrement viable. Deux principaux indicateurs
- lautonomie opérationnelle et lautonomie financière
- ont été utilisés dans une étude menée par léquipe de la
Banque mondiale à Dhaka en avril 1999 afin de déterminer la viabilité
financière de 21 OP sélectionnées sur une base aléatoire.
Ces OP ont été recrutées par PKSF différentes années à partir de
1990. Les analyses ont utilisé les rapports financiers et les données
de programme de toutes les OP pour lexercice 1997-98. Ces
OP sont de taille variable ; le nombre des emprunteurs va de 1 701
à 72 000. Sauf pour la plus petite OP (1 701 emprunteurs), toutes
les OP fonctionnent de façon autonome, cest-à-dire que les
produits de leur activité de microcrédit couvrent leurs charges
dexploitation.
De même, 18 des 21 OP sont financièrement autonomes : leurs charges
financières et dexploitation sont entièrement couvertes par
les intérêts échus sur les comptes dépargne de leurs membres
(6 % par an), par le coût des emprunts à PKSF (3 à 4,5 % par an),
et par les provisions pour créances irrécouvrables.
Les trois OP qui ne sont pas financièrement autonomes ont un faible
nombre demprunteurs (entre 1 701 et 3 613).

Les FMC sont plus proches
des organisations locales. Les fonds octroyés par les FMC sont efficients
et atteignent les pauvres et les très pauvres sans court-circuitage.
Chaque dollar versé sert presque intégralement à soutenir les institutions
qui viennent en aide aux pauvres. Étant donné que lemprunteur
final reçoit le prêt à des conditions efficaces par rapport au coût,
il pourra utiliser plus rapidement ces fonds pour se lancer dans
des activités génératrices de revenus (AGR) et donc accroître ses
revenus. PKSF a obtenu dexcellents résultats en termes de
viabilité financière. Elle couvre régulièrement ses charges dexploitation
par les commissions de service (entre 3 et 5 % par an) quelle
facture à ses organisations partenaires. Jusquà lexercice
1999, les coûts administratifs et de croissance de PKSF ont augmenté
moins vite que ses recettes, ce qui lui a permis daccroître
sa marge dexploitation. En 1999, les charges dexploitation
totales représentaient 70 % du produit total des commissions de
service. PKSF couvre entièrement ses charges dexploitation
charges financières (intérêts dus sur les prêts obtenus de diverses
sources, provisions pour le service de la dette et provisions pour
créances douteuses) avec ses produits totaux.
PKSF rétrocède à ses
OP tous les fonds de crédit quelle reçoit de diverses sources.
PKSF na pas entamé son capital, transférant ses revenus excédentaires
sur ses fonds propres. Ainsi, en 1999, 183 millions de taccas (3,6
millions de dollars) ont été versés sur les fonds propres de PKSF
après règlement de toutes les charges financières et dexploitation
(y compris une dotation aux provisions pour créances douteuses de
0,77 million de dollars). Cela montre quune organisation faîtière
peut transférer un maximum de fonds aux membres les plus pauvres
des communautés locales. Il ressort des études réalisées sur ces
FMC au Bangladesh (PKSF) que cela contribue à accroître la sensibilisation
sociale des pauvres (Alamgir 1997). Il est à prévoir que les opérations
de rétrocession des FMC par lintermédiaire des IMC permettront
daméliorer le volume dactifs, lépargne, les structures
de logement, lemploi, léducation, létat de santé
et lautonomie financière des emprunteurs du microcrédit dans
une région donnée, par rapport à ceux qui nempruntent pas.
Une autre conséquence
notable est la sensibilisation à la problématique hommes-femmes
dans les zones rurales pauvres. Une grande partie des bénéficiaires
des PMC sont des femmes. Grâce aux prêts quelles reçoivent,
les femmes deviennent des agents économiques actifs, mais elles
acquièrent également un nouveau statut social. Cette sensibilisation
des femmes se reflète dans le nombre grandissant de femmes qui participent
à dautres activités de développement et aux élections aux
conseils locaux (Village, Union/ Panchayet et conseils de sous-district).
Trois éléments essentiels - mobilisation sociale, intégration économique
et participation politique - sont facilités par les PMC, entre autres.
Il ressort clairement
de lanalyse qui précède que la création de FMC aux niveaux
national et sous-régional aidera à atteindre les objectifs centraux
du Sommet du microcrédit dici à 2005 :
·
Atteindre les familles
très pauvres (avec les PMC).
·
Atteindre et émanciper les femmes.
·
Mettre en place des institutions financièrement autonomes
(IMC).
·
Produire un impact positif mesurable sur la vie des
clients et de leurs familles.
Le
critère ultime de réussite dun PMC est son impact sur les
emprunteurs. Cet impact peut être direct (primaire), tel que limpact
sur le revenu et lemploi ou indirect (secondaire), tel que
lamélioration dans les domaines de léducation, de la
santé et du logement. Voici quelques-uns des indicateurs utilisés
pour évaluer limpact dun PMC sur les emprunteurs :
i)
Indicateurs économiques des gains immédiats (revenu, alimentation
et nutrition, logement) ;
ii) indicateurs des gains matériels
à long terme (terres) ;
iii) vulnérabilité
aux crises ;
iv) indicateurs des gains sociaux (éducation,
conditions dhygiène, eau potable).


Il
y a deux principaux types de FMC capables de promouvoir lobjectif
du Sommet du microcrédit : le fonds national autonome, et le fonds
sous-régional autonome. Leur structure juridique/de capital social
diffère en ceci que le premier intervient au niveau national (et
opère dans un cadre juridique national), tandis que le second intervient
au-delà des frontières nationales et opère dans un cadre général
de consensus entre plusieurs pays.
FMC
nationaux
(a)
Le gouvernement peut créer un FMC national en promulguant une loi
spéciale qui lui confère une entière autonomie. On pourrait arguer
que les FMC placés sous la tutelle de lÉtat ne fonctionnent
pas. Bien que ce soit en partie vrai, rappelons que sans lappui
de lÉtat, un FMC national ne sera pas aussi solide quil
devrait lêtre.
Lidée est de combiner lÉtat, la société civile et les
initiatives privées, la condition essentielle étant lautonomie.
Nous y reviendrons plus loin.
(b)
Les bailleurs de fonds et les institutions financières privées peuvent
former un consortium et créer un FMC. Cela pourra cependant nécessiter
une garantie de lÉtat pour permettre aux bailleurs de consentir
des prêts à ce fonds. Dautre part, il faudra créer une entité
juridique soit dans le cadre dune loi existante soit par ladoption
dun texte de loi spécial. Il sera plus facile de créer le
FMC dans le cadre dune loi déjà en vigueur, telle que
i) loi sur les
sociétés bénévoles (Voluntary Societies Act),
ii) loi sur les trusts,
iii) loi sur limmatriculation
des sociétés,
iv) loi sur les ONG, ou
v) loi sur les
institutions financières. Si ces lois nexistent pas, ou si
elles existent mais que le FMC ne peut être créé en vertu de ces
lois, il faudra envisager de promulguer une loi spéciale, procédure
longue et complexe que lÉtat nest pas forcément disposé
à entamer. Heureusement, chaque pays aura probablement des options
acceptables dans le cadre de la législation en place sil existe
un consensus entre les pouvoirs publics, les bailleurs de fonds,
les IMC et les autres parties prenantes.
(c) Le gouvernement peut
créer le FMC dans le cadre dune loi existante sur les sociétés
; dans ce cas le FMC serait une société à but non lucratif
créée par lÉtat. La Palli Karma-Sahayak Foundation (PKSF)
a ce statut au Bangladesh. Le gouvernement a utilisé la loi sur
les sociétés de 1913.
FMC
sous-régionaux
Un FMC sous-régional peut desservir plusieurs
pays voisins : Pays dAfrique subsaharienne, pays ouest-africains,
pays dAmérique centrale ou pays des îles du Pacifique. Comme
ces FMC couvrent plusieurs pays, ils ne pourront pas relever dune
loi nationale spécifique. Une solution pourrait être de créer un
FMC sous les auspices dune organisation intergouvernementale
telle que le Centre de développement pour lAsie et le Pacifique
(CDAP) à Kuala Lumpur pour les petits pays dAsie du Sud-Est
; Le Centre de développement rural intégré pour lAsie et le
Pacifique (CDRIAP) à Dhaka pour les pays des îles du Pacifique et
le Centre de développement rural intégré pour lAfrique (CDRIA)
à Arusha pour les pays de cette région. Je cite ces exemples parce
que ces organisations ont déjà obtenu lappui des pays membres
pour les programmes de lutte contre la pauvreté et les FMC créés
sous leurs auspices sont parvenus à atteindre les populations très
pauvres de leurs pays membres respectifs.
Les FMC sous-régionaux peuvent être créés
par un réseau dorganisations sous-régionales existantes afin
déchanger informations et connaissances techniques sur les
problèmes de développement régional. Si ces organisations nexistent
pas, des organisations comme le groupe consultatif dassistance
aux plus pauvres (CGAP), Friends of Womens World Banking (FWWB)
et même le Secrétariat du Sommet du microcrédit pourraient engager
des discussions dans leurs pays respectifs sur la mise en place
de FMC régionaux.

La
structure de gouvernance des FMC proposés devrait reposer sur trois
principes :
a) autonomie
;
b) responsabilité vis-à-vis des parties
prenantes ; et
c) efficacité et économie de gestion.
Deux
organes de décision devront être constitués, tels que :
1) assemblée générale et un organe directeur ;
2) conseil dadministration et comité exécutif ou
3) conseil de surveillance et comité de travail. Dans chaque
cas, le premier organe devrait être un groupe représentatif composé
denviron 25 membres chargés détablir des directives
générales pour les opérations, dapprouver les budgets, de
vérifier les rapports et dadopter les décisions stratégiques.
Le deuxième organe devrait être chargé de gérer et dadministrer
les affaires du FMC conformément au mandat et aux règles définis
par le premier. Le deuxième organe devrait être composé dun
relativement petit nombre de personnes, de préférence dix membres
qui se réuniront autant de fois que nécessaire, tandis que le premier
organe se réunira une ou deux fois par an.
Pour
préserver lautonomie du FMC, un élément critique est la volonté
politique du gouvernement dutiliser le microcrédit pour lutter
contre la pauvreté. LÉtat pourra soutenir dautres interventions
dans les secteurs de la santé, de léducation, du développement
de linfrastructure et de la mobilisation sociale pour faire
reculer la pauvreté. Le microcrédit sétant avéré un moyen
de lutte important et efficace contre la pauvreté, lappui
aux PMC devrait attirer lattention de tout gouvernement concerné
par ce problème. Doté dun appui politique, et avec le concours
dindividus dévoués et compétents en matière de microcrédit
au sein du gouvernement et du secteur privé, les FMC deviendront
des organisations véritablement autonomes et performantes. Ce point
est examiné plus en détail à la section 2.4.

La
deuxième priorité du FMC est de mettre en place un système de gestion
qui sappuie sur une équipe professionnelle bien secondée.
Le directeur général devrait être un individu dynamique, compétent
en matière de gestion et capable de formuler des plans stratégiques
valables pour lorganisation. Le directeur général devrait
être sélectionné par lassemblée générale/lorgane directeur
suivant un processus ouvert et compétitif. Dans la mesure du possible,
il ne sera pas nommé par le gouvernement. Le directeur général devrait
être familiarisé avec le gouvernement, la société civile et le secteur
privé. Il naffichera pas les attitudes bureaucratiques traditionnelles.
Lorganisation devrait avoir un mode de fonctionnement souple
et dynamique, avec un bon système dinformation de gestion.
Les décisions ne devraient pas être prises suivant une hiérarchie
rigide, mais suivant un processus collectif, autant que possible,
de manière à ce que tous les employés participant au fonctionnement
du FMC puissent assumer la paternité des décisions.

Laspect
critique de la structure institutionnelle du FMC est son indépendance
et labsence de toute ingérence politique. Lune des forces
de PKSF au Bangladesh tient au fait que, sous les auspices de lassemblée
générale et de lorgane directeur, qui sont hautement respectés,
PKSF fonctionne sans lintervention de lÉtat. Le degré
dindépendance des organisations reflète en partie lengagement
de lÉtat. Dans certains cas, cependant, il peut être extrêmement
difficile déviter une certaine ingérence politique. Néanmoins,
linfluence politique peut être réduite au minimum par des
mécanismes tels que : définir des objectifs et des orientations
aussi simples et clairs que possible, charger personnellement les
membres de lorgane directeur datteindre les objectifs,
limiter le nombre des représentants du secteur public au sein du
conseil, nommer le président, le directeur général et les administrateurs
pour une durée déterminée, et permettre à diverses organisations
privées et non gouvernementales de nommer directement des représentants
au conseil dadministration.


(i)
La mise de fonds initiale de lÉtat devrait être la première
source de financement. En fait, lorsque le gouvernement crée un
FMC national, comme dans le cas de PKSF, les institutions financières
internationales et les bailleurs de fonds fourniront probablement
des fonds dappoint sous forme de prêts ou de dons. La mise
de fonds initiale du gouvernement national peut revêtir la forme
dune subvention versée au FMC à titre de fonds renouvelable
ou dun prêt à long terme (10 ans minimum) à un taux concessionnel
(1 à 2 %).
(ii)
Les institutions financières internationales (IFIs) telles que la
Banque mondiale, le FMI, le FIDA et la BAD, qui interviennent généralement
par le biais des gouvernements, peuvent fournir des fonds aux FMC
créés sur linitiative de lÉtat. Les IFI peuvent également
fournir des fonds à dautres FMC créés sur des initiatives
privées avec la caution de lÉtat.
Les bailleurs de fonds multilatéraux et bilatéraux peuvent fournir
des fonds plus efficacement aux FMC nationaux quen faisant
des versements directs aux PMC.
(iii)
Les FMC nationaux peuvent également emprunter à des conditions commerciales
à la Société financière internationale (SFI) et à dautres
sources de capitaux privés étrangers. Ils peuvent emprunter à la
banque centrale et à des banques commerciales dans leur pays. Les
FMC ne devraient pas contracter de prêts commerciaux en phase de
démarrage car le coût élevé de ces prêts compromettrait la viabilité
des fonds.

(i)
Les FMC sous-régionaux peuvent être créés avec des subventions initiales
des pays membres.
(ii) Les bailleurs de fonds
peuvent fournir des dons à un FMC sous-régional pour mettre en place
des programmes de prêt et de renforcement des capacités.
(iii) Le CGAP, FWWB et
dautres réseaux internationaux de microcrédit peuvent également
fournir des fonds. Le pays hôte et linstitution daccueil
(CDAP, CDRIAP, CDRIA) peuvent aussi être sollicités pour fournir
des fonds de démarrage et de fonctionnement au FMC.

À un stade ultérieur,
les FMC nationaux peuvent assurer la liaison entre le marché financier
privé et les IMC dun pays en définissant la cote de solvabilité
des IMC et en titrisant leur portefeuille. Les FMC nationaux peuvent
envisager de lever des fonds sur le marché financier privé national
en émettant certains types dobligations (telles que des obligations
à caractère social) qui peuvent être souscrites par les entreprises,
les banques et les particuliers.
Lune
des tâches la plus importante dun FMC est de sélectionner
les IMC partenaires. Il est parfois difficile de trouver un nombre
adéquat dIMC efficaces pour gérer les PMC au niveau local.
Comme on a vu, outre loctroi de fonds aux IMC, lautre
objectif primordial est de créer des IMC viables. Le FMC ne devrait
pas freiner linnovation ni imposer de modèle particulier.
Lexpérience de PKSF montre quil a su trouver des organisations
partenaires très diverses.

Les
programmes de crédit dun FMC devraient avoir des procédures
novatrices, transparentes et normalisées pour assurer la sélection
des IMC, le traitement des prêts, le suivi et la supervision sur
le terrain. Lune des forces de PKSF est davoir su maintenir
des contacts réguliers et des rapports de concertation avec les
IMC partenaires, et dadopter une approche dapprentissage
par laction. Rappelons que la normalisation des procédures
ne devrait pas exclure la souplesse et limpératif de sadapter
à des conditions diverses et aux nouveaux défis que poseront les
IMC et les programmes locaux.
Comme
la montré PKSF avec ses multiples organisations partenaires,
le FMC ne freinera pas linnovation et nimposera pas
de modèle particulier.
Le
FMC mettra en place trois programmes interdépendants :
(i) Un fonds de prêts aux
IMC qui rétrocèderont ces prêts aux familles pauvres et très pauvres.
Le FMC ne devrait pas prêter directement aux pauvres.
(ii)
Un Programme de développement institutionnel (DI) pour le FMC et
les IMC partenaires. Ce programme consistera, entre autres, à assurer
la formation des services du FMC/IMC, à mettre en place des systèmes
dinformation de gestion ainsi que des programmes de renforcement
des capacités pour les IMC de manière à en faire des institutions
viables.
(iii)
Recherche: Ce programme comportera un suivi régulier et des études
spécialisées. La recherche-action permettra didentifier les
forces et les faiblesses des PMC afin détoffer ces programmes
et de les rendre plus efficaces. Les effets primaires et secondaires
des PMC sur les familles pauvres et très pauvres devraient également
être évalués à intervalles réguliers pour mieux cibler le programme
et atteindre lobjectif de la campagne pour le Sommet du microcrédit.

Les
programmes de microcrédit du FMC devraient être gérés par lintermédiaire
de ses IMC partenaires pour améliorer lefficacité et la gestion
sur le terrain. Les programmes de prêt offerts par les IMC partenaires
devraient avoir les caractéristiques suivantes :
1.
Les IMC consentent des prêts aux familles pauvres et très pauvres
sélectionnées en fonction de critères prédéterminés tels que les
terres quils possèdent, leur richesse totale et leur type
de logement.
2. Les emprunteurs sont organisés
en petits groupes.
3. Les groupes sont formés dindividus
qui ont les mêmes vues et les mêmes caractéristiques économiques,
de façon à pouvoir se faire confiance entre eux.
4.
Les IMC facturent à leurs bénéficiaires des frais de service (intérêts)
qui dépendent de la situation locale des IMC et de leur clientèle.
Les frais administratifs et connexes des IMC sont couverts par ces
frais de service.
5.
La période de remboursement accordée par les IMC aux pauvres et
aux personnes dépourvues de terres/dactifs (cest-à-dire
aux bénéficiaires) devrait être fondée sur la nature de lactivité
génératrice de revenus quils poursuivent. Mais il est préférable
que le prêt soit remboursable en un an (avec une certaine période
de grâce).
6. Le taux facturé par le FMC
aux IMC devrait être fixé à un certain minimum afin dassurer
un plus grand écart entre le taux du FMC et le taux payé par les
emprunteurs finals aux IMC.
7. Les prêts consentis par le
FMC aux IMC portent sur une période de 1 à 5 ans. Si les fonds sont
prêtés pour 2 à 5 ans, les IMC peuvent renouveler les fonds au niveau
local en accordant des prêts dun an à différents groupes.

Il
faudra déterminer des critères de sélection des IMC qui recevront
des fonds. Les critères peuvent être classés en 10 grandes catégories
:
1) nature et mandat de lorganisation
;
2) structure de gouvernance et de gestion
;
3) qualité et expérience de léquipe
de direction ;
4) ressources humaines ;
5) couverture géographique ;
6) activités sur le terrain, y compris
profil des clients pauvres et très pauvres ;
7) résultats prouvés ;
8) systèmes dinformation de gestion
;
9) systèmes de comptabilité et daudit
;
10) portefeuille et ratio dendettement.
Notons
que tous les critères nont pas la même importance. Les critères
dépendent également du nombre demprunteurs des IMC potentielles
et de leurs besoins de financement.
Le
FMC ne devrait pas fournir de fonds de démarrage aux IMC et pourrait
exiger une période minimum dun an dopérations satisfaisantes.

Lune
des conditions préalables essentielles à la réussite dun programme
de microcrédit (PMC) fonctionnant sans garanties est la mise en
place dun solide système comptable et daudit. Le FMC
devrait donc prendre les mesures suivantes :
(i)
Élaborer des manuels comptables détaillés
et distincts, lun pour ses propres besoins et lautre
pour les IMC.
(ii)
Rédiger les termes de référence du système
de contrôle interne et daudit du FMC.
(iii) Rédiger
les termes de référence des audits du FMC qui seront effectués par
dauditeurs externes indépendants.
(iv)
Rédiger des termes de référence séparés pour
les audits des IMC qui seront effectués par le FMC ainsi que par
des auditeurs externes indépendants.
(v)
Établir les directives du système de contrôle
interne à suivre par les IMC.

Les
bénéficiaires finaux du microcrédit sont encouragés à épargner régulièrement
: lépargne fait partie intégrante de la formation de groupes
et des activités collectives des PMC. Les IMC sous la tutelle desquelles
les bénéficiaires sont organisés gèrent normalement ces comptes
dépargne. Chaque membre dun groupe dépose régulièrement
des fonds sur son compte dépargne (une fois par semaine, par
exemple), selon ses moyens. Lépargne accumulée est enregistrée
sur le livret dépargne de chaque emprunteur. Bien que chaque
emprunteur soit un débiteur net (au sens où lemprunt est supérieur
à lépargne accumulée), la mobilisation de lépargne par
les IMC est une question délicate car il sagit dun service
financier qui ne peut être offert sans lautorisation spécifique
de lÉtat ou de la banque centrale. Récemment, les fonds dépargne
(régulière et volontaire) gérés par certaines IMC ont atteint un
volume important ; il importe donc dadopter une réglementation
prudente pour protéger les épargnants. Le FMC peut soumettre la
question aux pouvoirs publics afin de créer un environnement favorable
au recouvrement de lépargne par les IMC, en leur accordant
des licences et en conférant un statut légal à ces activités. Le
FMC peut formuler des directives générales dans six domaines importants
:
i) recouvrement ;
ii) tenue des comptes ;
iii) retraits des déposants ;
iv) investissement
de lépargne par les IMC ;
v) utilisation
dune partie de lépargne comme fonds de crédit pour les
emprunteurs et vi) taux de rémunération de lépargne payé par
les IMC aux déposants.

La
priorité du programme du FMC devrait être la mise en place des directives
et des orientations ainsi que la création de nouvelles règles de
gestion des impayés. Les défauts de remboursement ont six causes
possibles :
i) détournement de fonds ou problème
de gestion des IMC ;
ii) lacunes du système dévaluation
du FMC, résultant dans la sélection dIMC incapables de gérer
le microcrédit ;
iii) problèmes de gestion du microcrédit
par des IMC jusqualors performantes ;
iv) catastrophes naturelles ;
v) graves troubles politiques et
vi) crises économiques.
La position dominante du FMC devrait être de prévenir les impayés
pour éviter ce genre de crise. Le but est dassurer la bonne
gestion des IMC par des mesures de suivi et de supervision, des
orientations et des directives de bonne gouvernance. Le système
de contrôle interne mis en place dans les IMC devrait être renforcé,
de même que lefficacité de la gestion du microcrédit, par
des programmes de formation et de développement institutionnel.
Pour
éviter les défauts de paiement, le FMC doit créer un système de
détection basé sur des indicateurs critiques de la performance des
IMC. Le système devrait être mis en place pour détecter et éviter
tout risque de défaut de paiement.

Il
existe de grandes différences entre les IMC au niveau de leurs opérations
de crédit et de la qualité de leurs prestations de services. Il
importe donc de définir des critères dévaluation de performance
pour classer les IMC. Lobjectif est daider les IMC à
: a) devenir des organisations de crédit viables ; b) renforcer
leurs capacités institutionnelles ; et c) développer systématiquement
leurs opérations de crédit.
Le FMC peut utiliser
les principaux indicateurs suivants pour évaluer la performance
des IMC :
1.
Viabilité des bénéficiaires du microcrédit, par exemple : taux de
perte de clients, pourcentage de prêts en cours ; taux dépargne,
alphabétisation fonctionnelle ; ratio membres/emprunteurs ; etc.
2.
Viabilité institutionnelle : éviter les doubles emplois entre IMC
(lorsquil existe un grand nombre dIMC) ; accessibilité
des emprunteurs, possibilités de promotion commerciale ; services
bancaires ; gouvernance ; fonds propres.
3.
Mise en oeuvre du programme : membres en pourcentage de la population
totale cible; homogénéité du groupe ; participation des emprunteurs
aux réunions hebdomadaires ; taux de décaissement et de recouvrement
des prêts ; compétences des agents sur le terrain ; système comptable
des OP ; et capacités de léquipe de direction.
4.
Programme de valorisation des ressources humaines : recrutement,
évaluation des performances du personnel ; et formation.
5.
Étude périodique de limpact du microcrédit sur le recul de
la pauvreté.
6.
Création et maintien de la culture institutionnelle recherchée :
bonne gouvernance et mesures dincitation pour la direction
et le personnel.
7. Gestion
financière et contrôle interne : SIG ; système comptable ; audit
interne ; supervision interne ; et pratiques budgétaires.
8.
Situation des biens corporels : propriété des locaux, des terrains,
du mobilier et des véhicules.
9.
Viabilité financière et économique : autonomie opérationnelle, financière
et économique ; qualité du portefeuille.

Le
succès des FMC repose sur la mise en oeuvre du programme suivant
des procédures normalisées. Les principaux éléments dexécution
sont :
1) procédures de demande de fonds par
les IMC ;
2) évaluation préliminaire des IMC
;
3) visites sur le terrain pour évaluer
les opérations des IMC ;
4) recommandations
de la direction du FMC pour la sélection des IMC ;
5) approbation de lorgane directeur
du FMC ;
6) signature
de laccord de prêt ;
7) vérification de lutilisation
des prêts ;
8) demandes de prêts successifs par
les IMC ; et
9) suivi.

Le
suivi du programme de crédit est essentiel à la réussite du programme.
Les IMC devraient suivre leurs PMC sur le terrain, et les FMC doivent
suivre les programmes des IMC afin de réduire leurs risques. Pour
produire les résultats attendus, les FMC doivent définir des normes
de performance et de présentation de linformation à suivre
par les IMC quils financent. Il est essentiel de créer un
SIG pour assurer un échange de rapports réguliers entre le terrain
et les IMC, et entre les IMC et les FMC. La mise en place dun
système dinformation au siège du FMC et des IMC améliorera
sensiblement les capacités de gestion de ces organisations. Si les
FMC négligent cet aspect, ils perdront une chance daméliorer
le rayon daction et la viabilité des IMC et des PMC, deux
objectifs fondamentaux de la campagne du Sommet du microcrédit.

Dans
la plupart des pays, les PMC manquent de capital humain. Cet obstacle
peut cependant être surmonté avec la mise en place, conjointement
par les FMC et les IMC, dun programme global de valorisation
des ressources humaines. La formation des services des FMC et des
IMC est un aspect crucial. Il importe deffectuer une évaluation
des besoins de formation des FMC et des IMC, et dassurer une
formation pragmatique et opérationnelle. À titre dexemple,
PKSF a mis en place 7 modules de formation pour ses services et
12 modules pour les services des IMC.
Les FMC et les IMC doivent avoir un système de rémunération et de
primes qui permette dattirer et de conserver des individus
compétents et motivés dans les PMC. Enfin, il importe de créer un
programme de valorisation des ressources humaines visant à créer
et à promouvoir une culture institutionnelle favorable, ainsi quà
assurer la succession des dirigeants des FMC et des IMC, ce qui
renforcera la viabilité de ces organisations.
Les
composantes de développement institutionnel des FMC et des IMC devraient
être définies en tenant compte de lobjectif de viabilité générale
de chaque programme de microfinance. La microfinance pose trois
problèmes de viabilité interdépendants :
a)
viabilité des clients des IMC ;
b) viabilité économique et financière
des FMC/IMC ; et
c) viabilité
institutionnelle des FMC/IMC.
Afin
de définir lorientation générale des activités des FMC/IMC,
la viabilité des clients doit faire lobjet dun suivi
régulier à laide dindicateurs appropriés (indicateurs
de processus et dimpact). Pour les FMC, il sera nécessaire
de suivre la viabilité des IMC et de leurs clients.
La
viabilité mentionnée aux alinéas b) et c) peut être évaluée au moyen
de quatre types dindicateurs :
i) rayon
daction ;
ii) efficacité
opérationnelle ;
iii) qualité
du portefeuille ; et
iv) rentabilité. PKSF et le CGAP ont
mené des études dans ce domaine.

Cette
question se pose du fait que les IMC fournissent des services et
des produits financiers aux pauvres, en dehors du système bancaire
structuré.
Vu
lorigine des IMC (ce sont pour la plupart des ONG ou des groupes
dentraide), on serait porté à penser que le cadre réglementaire
conventionnel qui sapplique aux institutions bancaires et
financières nest pas approprié et ne sapplique donc
pas à la situation de nombreux pays, dautant plus que les
IMF nacceptent pas de dépôts sur des compte-chèques courants.
Les caractéristiques particulières des services sociaux et financiers
offerts par les IMC, lobjectif fondamental étant de lutter
contre la pauvreté, distingue ce secteur du secteur financier moderne
et corrobore donc cet argument. Mais on ne saurait sous-estimer
limportance davoir des mesures de suivi stratégique
qui soient compatibles avec les objectifs et la culture institutionnelle
et de développement des IMC et adaptées. Les mesures devraient comprendre
des règles prudentes et des directives simples et pratiques , sous
la forme dun code de conduite concret qui assure
la croissance régulière et soutenue des IMC.
Ladoption
dun ensemble de normes financières, de formats de présentation
de linformation et de normes de performance pourrait être
un moyen efficace de maintenir les IMC sur la bonne voie. Il existe
de nombreux exemples édifiants en matière délaboration de
normes, témoin les travaux menés par PKSF. Les récentes initiatives
de création de FMC dans dautres pays sont un pas dans la bonne
direction car, entre autres choses, les FMC seront une option institutionnelle
valable pour financer la mise en place de PMC dans un cadre réglementaire
favorable aux pauvres et aux très pauvres. On pourrait créer un
organisme suprême autonome, indépendant du contrôle de lÉtat,
pour garantir que le code de conduite et les normes
de microcrédit sont respectées par les IMC. En cas de non-conformité
dune IMC, celle-ci risque de se voir retirer son permis ou
son autorisation. Lorganisme de contrôle des IMC devra travailler
en étroite collaboration avec les FMC.

Les
relations générales entre ces trois types dinstitutions devraient
sinscrire dans un processus dynamique car ces rapports ne
peuvent être dictés par des règles immuables, ils évolueront. Les
lignes directives suivantes devraient cependant être considérées
:
(i)
Dans un pays qui présente un fort potentiel
de PMC et où des IMC se créent actuellement, un FMC national devrait
être lorgane de financement supérieur des IMC du pays.
(ii)
Dans un pays
où les possibilités de création de PMC et dIMC sont limitées,
le pays pourra sassocier avec dautres pays pour former
un FMC sous-régional qui sera lorganisme de financement supérieur
des IMC des pays membres.
(iii)
Les deux types de FMC susmentionnés peuvent
former un réseau déchange dinformations et didées,
dans le cadre duquel les IMC des divers pays pourront elles-mêmes
échanger leurs informations et leurs vues.

De
nombreux 'experts' ont déclaré que les organisations grossistes
(faîtières) avaient échoué dans divers pays. PKSF est cependant
lexception qui confirme la règle. Si nous convenons que nous
avons certaines particularités, nous estimons cependant que les
conditions nécessaires pour créer des FMC aussi performants que
PKSF existent dans de nombreux pays. Aucune des organisations faîtières
étudiées par les experts, à lexception de PKSF, navait
été créée dès le départ comme une organisation faîtière axée sur
la promotion de la microfinance. Toutes les autres organisations
étudiées avaient démarré avec un programme parrainé par un bailleur
de fonds, et par un processus pernicieux dans lequel les rôles étaient
faussés par lintervention des bailleurs de fonds, ces organisations
avaient initialement fonctionné comme organe faîtier des IMF. Ce
processus élimine le sentiment de paternité institutionnelle. Cela
pourrait être lune des raisons fondamentales qui expliquent
léchec de ces institutions.
Lexpérience
de PKSF montre quune organisation faîtière peut fournir des
ressources aux IMF, avec pour objectif ultime datteindre les
pauvres et daméliorer les capacités des IMF, de façon plus
économique que les autres dispositifs financés par des bailleurs
de fonds. PKSF a créé un fonds renouvelable de 7,94 milliards de
taccas (147,4 millions de dollars) pour ses IMF (OP) partenaires
au cours des 10 dernières années. Cela a permis aux OP daccorder
28,13 milliards de taccas (522,4 millions de dollars) de microcrédit.
Le coût de financement des OP sest chiffré à 5,47 % pendant
cette période.
Les
dépenses de PKSF pour la formation et le renforcement des capacités
de ses OP nont pas dépassé 6,94 % des dépenses totales de
PKSF. À noter que les dépenses de formation et de renforcement des
capacités font partie intégrante des dépenses totales liées à loctroi
de fonds aux OP.
La
création dune organisation faîtière nationale ne devrait pas
être onéreuse si le gouvernement est convaincu de limportance
de promouvoir la microfinance. Au Bangladesh, la microfinance naurait
pas connu lessor quelle connaît aujourdhui sans
la politique à long terme suivie par les pouvoirs publics. Le secteur
de la microfinance au Bangladesh a reçu lappui constant de
lÉtat. Le gouvernement vient par exemple daccorder une
exonération dimpôts sur les bénéfices de PKSF pour lui permettre
daugmenter plus rapidement son capital. Récemment, des institutions
similaires à PKSF ont été créées au Pakistan (Pakistan Poverty Alleviation
Foundation) et au Népal (Rural Microfinance Development Centre Ltd.).
Ces deux nouvelles institutions nont pourtant pas vu le jour
dans un secteur ONG-IFM bien développé. En fait, RMDC na financé
au départ que 7 organisations partenaires et PPAF pas plus dune
douzaine. Les attaques lancées par ceux qui doutent de lefficacité
des fonds autonomes sont donc battues en brèche par la réalité des
faits. Les fonds apex offrent de vastes possibilités datteindre
les plus déshérités.


PKSF
a été créé en 1990 par le gouvernement du Bangladesh dans le but
de lutter contre la pauvreté et daméliorer la qualité de vie
de la population rurale pauvre, des personnes dépourvues de terres
et davoirs, en leur donnant les moyens de sinstaller
à leur compte pour améliorer leur situation économique. Plus particulièrement,
les objectifs de PKSF sont les suivants :
a)
Offrir différents types daide financière aux organisations
non gouvernementales, semi-publiques et gouvernementales, aux organismes
et groupes bénévoles, aux sociétés et aux collectivités locales,
de manière à leur permettre, en tant quorganisations partenaires
(OP) fidèles à limage et aux objectifs de PKSF, dentreprendre
des activités génératrices de revenus et demplois pour les
groupes les plus déshérités de la société ;
b) Aider
à renforcer linfrastructure institutionnelle des OP, de façon
à améliorer leurs opérations.

Les
principales stratégies opérationnelles de la Fondation reposent
sur les objectifs qui ont été fixés:
a)
au lieu de prêter directement aux personnes
dépourvues de terres et davoirs dans les zones rurales, elle
atteint ses groupes cibles par lintermédiaire de leurs organisations
partenaires, le mécanisme créé pour atteindre les pauvres.
b) elle
accélère le développement institutionnel.
c)
elle ne favorise aucun modèle particulier,
mais encourage linnovation et différentes approches tirées
de lexpérience.

Légalement,
PKSF est une société à responsabilité limitée par garantie,
autrement dit une société à but non lucratif inscrite
sous le régime de la loi de 1913 au Registre des sociétés par actions.
La structure juridique de PKSF lui confère la souplesse, lautorité
et le pouvoir de créer et mettre en oeuvre des programmes à travers
le pays. PKSF peut recevoir des subventions et des prêts dorigine
locale et/ou étrangère. Elle peut également octroyer des prêts et
des subventions.

a.
Assemblée générale :
Lassemblée générale peut avoir un maximum de 25 membres, dont
le gouvernement peut nommer un maximum de 15 personnes, membres
dorganismes gouvernementaux et dorganisations bénévoles
ou particulières. Les 10 autres membres sont des représentants des
organisations partenaires et/ou des particuliers. Lassemblée
générale se réunit normalement une fois par an pour définir les
orientations générales. PKSF a actuellement une assemblée générale
de 15 membres qui sont des personnalités nationales.
b.
Organe directeur :
Lorgane directeur a la composition
suivante :
i) président de la Fondation (nommé par le gouvernement)
;
ii) directeur général (nommé par lorgane
directeur) ;
iii) deux membres nommés par le gouvernement et
iv) trois membres élus par lassemblée générale - soit
un total de 7 membres. Lorgane directeur actuel se compose
de personnalités internationales, parmi lesquelles le professeur
Mohammad Yunus, directeur général de la Banque Grameen.
c.
Président :
Le président de PKSF est nommé par le
gouvernement parmi des individus qui ne sont pas des fonctionnaires
de lÉtat. Le président sert normalement un mandat de trois
ans. Le président actuel est un économiste de renom qui enseigne
à lUniversité de Dhaka.
d.
Directeur général
: Le directeur général est le
premier dirigeant (PDG) de la Fondation. Cest un membre doffice
de lorgane directeur.
e.
Gestion
: PKSF a trois divisions principales
: i) Opérations de prêt (divisée en deux sections : grandes OP et
petites et moyennes OP) ; ii) Administration & Finance ; et
iii) Audit : la division daudit est placée sous lautorité
directe du directeur général.
PKSF
possède des services de recherche et de formation qui mènent des
études sur la lutte contre la pauvreté et forment les services des
organisations partenaires.

PKSF
a trois programmes complémentaires :
(a)
Un programme de prêts aux paysans sans terres
et sans avoirs, par le biais des organisations partenaires ;
(b)
Un programme de développement institutionnel
pour les OP ; et
(c)
Un programme de recherche.
Le
programme de prêts est le programme central de la Fondation. Le
programme de développement institutionnel est un programme dappui
créé pour renforcer les OP de manière à en faire des systèmes de
prestations de services viables pour les pauvres. Ce programme forme
les services de PKSF et des OP, met en place des systèmes dinformation
de gestion (SIG) et accorde des prêts sans intérêt aux OP pour lachat
dordinateurs, de motocyclettes, etc.

a.
Formulaires de demande
de prêt : PKSF reçoit les
demandes de prêt sous la forme dun formulaire préétabli sur
lequel les postulants fournissent des détails sur lorganisation,
le programme, le financement, etc.
b.
Évaluation préliminaire
: si une organisation a lexpérience
des programmes de crédit en faveur des pauvres, PKSF effectue une
visite sur le terrain. PKSF utilise plusieurs critères pour évaluer
lexpérience en matière de gestion de programmes de crédit
:
a) le nombre dannées dexpérience ;
b) le volume de prêts octroyés ;
c) le nombre de membres et demprunteurs ;
d) le taux de recouvrement des prêts ; le niveau de compétence
du personnel salarié ; et f) la crédibilité des organismes de parrainage.
c.
Visite sur le terrain
: Une fois quune organisation
est sélectionnée pour recevoir une visite, un représentant de PKSF
se rend sur place. Si la performance de lorganisation postulante
est jugée satisfaisante, elle est recommandée comme OP. Si elle
présente des lacunes, lorganisation est placée sous observation
et on lui suggère des améliorations. Si toutefois la performance
dune organisation est jugée insuffisante, sa candidature est
rejetée. Les principales causes de rejet sont généralement des problèmes
de gestion ou des contradictions majeures entre les informations
fournies sur la demande de prêt et les observations sur le terrain.
d.
Approbation par
lorgane directeur : La
décision finale incombe à lorgane directeur. Si la direction
estime quune organisation est qualifiée pour être une OP,
sa candidature est transmise à lorgane directeur accompagnée
dune description détaillée de lorganisation, du compte
rendu de visite sur le terrain, des éléments justifiant son acceptation
comme OP, et dune recommandation du directeur général. Lorgane
directeur accepte, rejette ou pose des conditions à lacceptation
de lorganisation comme OP.
e.
Signature de laccord
de prêt :
La dernière étape de loctroi
dun prêt à la nouvelle organisation partenaire est la signature
dun accord de prêt type. Laccord de prêt stipule les
conditions du prêt (par exemple, taux de la commission de service,
zone de décaissement du prêt, nombre de versements). Le prêt nest
pas garanti. Outre laccord de prêt, un billet à ordre est
signé par un représentant de lOP. Laccord de prêt est
signé par le directeur général de PKSF et par le directeur de lOP
; dans certains cas il est cosigné par le directeur général et le
président de lOP.
f.
Vérification de lutilisation
du prêt :
Après loctroi du premier
prêt, lOP est censée décaisser les fonds immédiatement et
fournir une liste des emprunteurs à PKSF. Un représentant de PKSF
responsable de lOP se rend sur place pour vérifier que le
prêt a été décaissé et est utilisé par les membres. Les OP reçoivent
normalement la visite dun représentant de PKSF tous les trois
mois.
g.
Demandes de prêts successifs
: Lapprobation de prêts
successifs dépend de plusieurs facteurs :
a) utilisation satisfaisante du prêt précédent ;
b) taux de recouvrement des prêts au niveau local supérieur
à 98 % ;
c) soumission de rapports périodiques à PKSF ;
d) possibilités dexpansion du programme de prêts ;
et
e) remboursement à PKSF des prêts échus. Les demandes de
prêts successifs jusquà hauteur de 2,5 millions de taccas
(46 425 dollars) sont approuvées par le comité des prêts. Ce comité
est dirigé par le directeur général de PKSF. Ses autres membres
sont les cadres dirigeants de PKSF. Il a été créé par le conseil
dadministration pour déléguer certains pouvoirs et décentraliser
les décisions. Un accord de prêt similaire est signé pour chaque
prêt accordé. Les prêts supérieurs à 2,5 millions de taccas (46
425 dollars) doivent être approuvés par lorgane directeur.
h.
Suivi :
Le suivi du programme de crédit est essentiel à sa réussite. Les
OP suivent leurs programmes sur le terrain et PKSF suit les programmes
sur le terrain et dans les succursales. Étant donné que PKSF consent
des prêts non garantis aux OP, la seule façon de limiter les risques
est de suivre régulièrement les programmes. Plusieurs mesures complémentaires
sont prises pour contrôler les activités des OP, en particulier
le programme de crédit et la gestion des fonds. Le système de suivi
est brièvement décrit ci-après :
a)
Collecte de données sur le programme
: comme mentionné plus haut, PKSF utilise un formulaire type pour
recueillir des données mensuelles sur les changements intervenus
au niveau des emprunteurs, de lépargne, du décaissement et
du recouvrement des prêts.
b)
Situation financière : les OP soumettent des comptes de résultats,
des relevés de dépenses et des tableaux de flux de trésorerie mensuels
et cumulatifs pour suivre leur situation financière.
c)
Les OP envoient régulièrement à PKSF leurs listes demprunteurs
ayant reçu un prêt provenant dune nouvelle injection de fonds
de PKSF ou du fonds renouvelable.
d) Visites
sur le terrain : les visites sur le terrain effectuées par les représentants
de PKSF sont la pierre angulaire du suivi des OP. PKSF attache une
très grande importance à ces visites. Le représentant rend normalement
visite à chaque OP tous les trois mois. Mais sil sagit
dune OP importante qui possède plusieurs succursales, elle
reçoit la visite dune équipe de PKSF. Lors des visites, les
informations soumises par les OP comme indiqué aux trois alinéas
précédents sont vérifiées. Des améliorations sont suggérées. La
visite sur le terrain sert à vérifier le programme et le développement
institutionnel de lOP.
e)
Audit par léquipe daudit interne : PKSF procède à un
audit annuel de toutes ses OP. Les rapports daudit sont soumis
directement au PDG de PKSF.
f)
Audit par le cabinet de vérification
comptable : Dans le cadre de laudit financier annuel de PKSF,
un cabinet dauditeurs externes vérifie la situation financière
dun échantillon dOP.

(i)
Subvention de lÉtat = USD 21,6 millions
la Banque mondiale = USD 5,0 millions
lUSAID = USD 12,7 millions
(ii)
Prêt de lÉtat = USD 10,0 millions
la Banque mondiale = USD100,0
millions
la BAD = USD 18,0 millions
Autres prêts = USD 0,6 million
Total = USD 167,9 millions

a.
Partenariats (OP) :
PKSF a accepté des OP chaque année depuis
sa création. Avec 23 OP sa première année dexistence, PKSF
avait 189 OP en décembre 2000. Les OP de PKSF interviennent dans
62 des 64 districts du Bangladesh.
b.
Décaissements de prêts
: PKSF a décaissé 7 049 millions
de taccas (140 millions de dollars). Grâce au système de fonds renouvelables
et à des fonds supplémentaires, les OP ont accordé quelque 21 000
millions de taccas de prêts (411 millions de dollars) au niveau
local.
c.
Encours des prêts :
PKSF avait un encours de 5 244
millions de taccas (103 millions de dollars) de prêts dans ses OP
en décembre 1999.
d.
Emprunteurs :
En décembre 1999, le nombre total
demprunteurs ayant reçu un prêt financé par PKSF était de
1,87 millions, dont plus de 90 % de femmes.
e.
Recouvrement des prêts
: PKSF a deux taux de recouvrement
différents :
a) taux de recouvrement des prêts entre les OP et PKSF ;
et
b) taux de recouvrement des OP. Le
taux de recouvrement de PKSF a atteint près de 98 % au cours des
6 dernières années. Ce taux est défini comme le pourcentage du montant
dû qui est remboursé dans les délais prévus. Le taux de recouvrement
des OP sur le terrain est de 99 %.
f.
Renforcement des OP
: Lune des grandes
fiertés de PKSF est le développement des institutions locales. La
plupart de ces ONG administrent leurs programmes uniquement avec
des prêts de PKSF. Elles parviennent cependant à couvrir la quasi-totalité
de leurs coûts dexploitation, et bon nombre dentre elles
sont pour ainsi dire financièrement autonomes. Outre la viabilité
financière, les OP locales sont aujourdhui beaucoup plus capables
de gérer leurs programmes grâce au programme de formation, de services
de conseil et de développement institutionnel de PKSF, qui comprend
la formation, la mise en place de systèmes comptables et dinformation
de gestion (SIG), ainsi que des recommandations régulières pour
améliorer la gestion de leurs programmes.
g.
Possibilités dexpansion
: Les
OP de PKSF comptent plus de 2,1 millions demprunteurs (y compris
les emprunteurs de BRAC, ASA et Proshika). Il existe un potentiel
dexpansion du volume de prêts aux OP. Dautre part, PKSF
accepte de nouvelles OP chaque année et les OP existantes élargissent
également leur couverture.
h.
Services de formation
et de conseil : PKSF a organisé
plusieurs ateliers pour les administrateurs des OP. Ces ateliers
portaient principalement sur des questions stratégiques afin duniformiser
les systèmes des OP. Des sessions de formation en comptabilité et
SIG ont été organisées pour les comptables et les coordinateurs
du crédit. PKSF a préparé 19 modules de formation pour ses services
et différentes catégories professionnelles des OP. Un moyen efficace
de former le personnel est de demander aux représentants de PKSF
danimer des sessions de formation pratique lors de leurs visites
régulières dans les OP, au cours desquelles les problèmes sont identifiés
et des solutions suggérées. Les organisateurs et le personnel sur
le terrain ont des entretiens réguliers au cours de ces visites.
i.
Programmes de recherche
: PKSF a mené à ce jour deux
études sur limpact de son programme sur les bénéficiaires.
Plusieurs études ont été publiées sur PKSF au Bangladesh à létranger.
PKSF a récemment demandé à lInstitut détudes sur le
développement du Bangladesh (Bangladesh Institute of Development
Studies - BIDS), le premier cabinet détudes du Bangladesh,
de réaliser une étude dimpact pluriannuelle.
j.
Impact : Plusieurs
études ont montré limpact positif du microcrédit sur la vie
de la population rurale pauvre au Bangladesh. Une série dindicateurs
a été suggérée pour étudier cet impact plus en profondeur.

a.
Viabilité institutionnelle
des OP : Bon nombre dOP
ont défini une stratégie de base pour gérer un programme de crédit
rural efficace, notamment : sélection des membres, politique dépargne
et de prêt, gestion de portefeuille, contrôle financier, et suivi
et évaluation.
Jusquà
présent, de nombreuses OP ont essayé, dans la limite de leurs moyens,
de recruter des collaborateurs compétents. Les OP manquent de ressources
financières pour recruter des individus plus qualifiés et plus compétents.
Bon nombre dentre elles sont dirigées par leur fondateur et
cela restera probablement le cas pendant un certain temps. Il est
important pour la croissance et la viabilité des OP que leurs administrateurs
actuels fassent preuve dinitiative tant que les organisations
en sont encore à un stade embryonnaire. De nombreuses OP possèdent
des biens corporels, tels que des immobilisations et des terres
ou ont acheté des terrains pour construire un bureau, un centre
de formation, etc. Cela témoigne de la volonté des organisateurs
dasseoir les OP sur des bases solides.
Viabilité
financière des OP : Sagissant
de la viabilité financière, le problème fondamental est de savoir
si les revenus tirés des programmes (essentiellement les intérêts
sur les prêts) peuvent couvrir les coûts de gestion des programmes
de crédit. Certaines OP sont parvenues à dégager un léger excédent.
Il est à prévoir que toutes les OP continueront à améliorer leur
rentabilité.
Rôle
de PKSF :
Les administrateurs des OP ont
identifié plusieurs domaines dans lesquels PKSF a joué un rôle prépondérant
:
i) en fournissant des fonds, PKSF a contribué à lexpansion
des programmes et à leur viabilité financière ;
ii) PKSF a contribué à mettre en place des systèmes de gestion
du crédit, des SIG et des systèmes comptables ;
iii) les services dappui conseil de PKSF ont aidé les
OP à se doter des moyens nécessaires pour gérer leurs programmes.
Futur
rôle de PKSF : Les administrateurs
de PKSF ont également déterminé le rôle que PKSF serait appelé à
jouer à lavenir :
i) le rôle principal de PKSF restera daccorder des
prêts ;
ii) PKSF devrait aider à former tous les services des OP
afin daccroître leurs capacités, condition essentielle à leur
viabilité ;
iii) poursuivre les services dappui conseil ; et
iv) PKSF devrait mener des études sur le microcrédit, dune
part, et sur les autres moyens de lutte contre la pauvreté, dautre
part (PKSF a récemment décidé de consentir des prêts, à titre expérimental,
aux microentreprises, aux segments pauvres de la population urbaine
et aux plus déshérités).
b.
Viabilité de PKSF
Viabilité
institutionnelle de PKSF : PKSF
a un organe directeur compétent et dynamique, capable de guider
la gestion, de modifier les orientations et dintroduire de
nouveaux programmes si nécessaire. La Fondation a des orientations
claires et précises pour son programme de prêts et la gestion de
ses opérations. Elle a progressivement élargi son rayon daction
en acceptant un nombre grandissant dOP. PKSF a pu mobiliser
les ressources financières nécessaires pour procéder à lexpansion
générale de ses activités. Ces facteurs contribueront à promouvoir
lexpansion des opérations de PKSF.
Viabilité
financière :
PKSF a progressivement amélioré
sa situation financière. Elle a accru le taux de couverture de ses
charges dexploitation en facturant une commission de service
raisonnable, en augmentant son volume de prêts, et en parvenant
à limiter au maximum ses frais de fonctionnement et ses pertes sur
créances irrécouvrables grâce à un taux de recouvrement élevé. Globalement,
PKSF a enregistré un excédent chaque année depuis sa création. Voici
quelques données financières de PKSF au 30 juin 1999 :
(i)
Ratio dendettement 1,63:1
(ii) Taux
cumulatif de recouvrement des prêts 98,16 %
(iii) Taux
de provision pour créances douteuses (provisions pour créances douteuses/encours
de crédit 2,67 %
(iv) Charges
dexploitation par rapport aux prêts décaissés (charges dexploitation/décaissements
la même année) 5,28 %
(v)
Autonomie opérationnelle (total des produits / charges dexploitation
y compris charges financières + DMR) 161 %
(iv) Pourcentage
des dépenses totales par rapport au revenu total 36,43 %
Lanalyse
des ratios financiers montre que la situation financière de PKSF
est solide. Le ratio dendettement ainsi que les ratios de
portefeuille et dautosuffisance indiquent une bonne performance
en termes dautonomie opérationnelle et financière. Lanalyse
de la structure de coûts et de la rentabilité montrent également
que PKSF parvient à couvrir intégralement ses dépenses au moyen
du produit de ses opérations de prêt tout en dégageant un bénéfice.

La
structure organisationnelle, les activités et les méthodes de gestion
de PKSF en font une organisation unique en son genre. On peut identifier
quelques-uns des facteurs qui ont contribué à sa réussite :
PKSF
a été créée et financée par lÉtat, mais elle est restée une
organisation indépendante qui ne relève pas de la bureaucratie gouvernementale.
Cela a permis à PKSF de définir ses propres orientations et de mettre
au point des méthodes de gestion adaptées à ses activités.
Le
haut niveau de compétence de lorgane directeur a permis de
guider la gestion de PKSF et de définir et réviser ses orientations
en fonction des besoins.
Le
recrutement de responsables hors pairs a fortement contribué à la
croissance et à la bonne performance de PKSF.
PKSF
a su utiliser les capacités des ONG locales en atteignant rapidement
les pauvres et en formant des OP capables de fournir des services
financiers aux pauvres. La sélection dOP à la hauteur de la
tâche a été un facteur crucial de la réussite de PKSF.
Lélément clé de la viabilité des OP est lexistence dune
source de fonds fiable et la valorisation des ressources humaines,
combinée à de saines méthodes de gestion. Dans ces deux domaines,
PKSF sest montrée très efficace.
Les
intermédiaires financiers (ONG) bénéficiant des ressources de PKSF
se sont avérés un moyen efficace datteindre les pauvres. PKSF
et les OP peuvent former des partenariats viables dans le cadre
de ce processus.
Les
pauvres dans les régions rurales et les hommes et les femmes les
plus déshérités ont montré quils étaient capables de gérer
leur argent et daccroître leurs revenus. De même, les OP de
PKSF se sont montrées capables de bien cibler leur clientèle et
de fournir les services voulus.
Un
domaine prioritaire pour PKSF est lamélioration des capacités
des OP. PKSF devra pour cela investir davantage dans la valorisation
des ressources humaines des OP.
Le
modèle de PKSF (comme organisation faîtière de second rang) peut
être reproduit ailleurs. Il peut être développé et contribuer de
manière significative à améliorer la qualité de la vie des pauvres
et des très pauvres.

Date
de création du fonds
Le
"Fondo Fiduciario de Capital Social" (FONCAP) est une
initiative inédite du gouvernement argentin. Il a été créé à la
fin de 1997.

A) La création dun
fonds de microcrédit était justifiée en Argentine car il nexistait
pas dinstitution dotée des capacités, de la base économique
et de la volonté de servir les pauvres et les très pauvres.
B)
Le fonds a pour objectif de lutter contre la pauvreté et le chômage.
Le FONCAP vise à créer un programme autonome et durable pour fournir
des services financiers et non financiers à des microentrepreneurs
pauvres à travers le pays, dans le cadre dune institution
de second rang.
Le
FONCAP est la réponse à une réalité incontournable : lexistence
de près de deux millions de microentrepreneurs en Argentine qui
se débattent pour survivre à lune des mutations économiques
les plus difficiles que le pays ait connue au cours des dernières
années.
Le
FONCAP a été créé dans le but de coordonner les forces de trois
secteurs - social, privé et public - afin de mettre sur pied une
organisation visant à maximiser la contribution de chaque partenaire
en termes de capacités dassistance aux pauvres, tout en compensant
leurs faiblesses mutuelles.
La
mission du FONCAP est déliminer les obstacles qui empêchent
les pauvres davoir accès au crédit, de protéger leurs intérêts
et de favoriser leur intégration sociale.
C) Les objectifs du FONCAP
rejoignent ceux du Sommet du microcrédit pratiquement dans tous
les aspects de son action : atteindre les familles très pauvres,
renforcer la place des femmes et créer des institutions financièrement
autonomes. Sagissant de limpact sur la vie des clients
et de leurs familles, le FONCAP met sur pied des outils pour mesurer
le plus exactement possible les résultats des activités des opérateurs
en termes de bien-être social et damélioration de la qualité
de la vie.
D)
Stratégies du programme de crédit
: le FONCAP vise à promouvoir le secteur de la microfinance en Argentine
par la création, le renforcement et lexpansion des microbanques
locales. Il vise également à mettre en place linfrastructure
nécessaire pour étendre les services financiers aux microentrepreneurs
et créer un solide réseau dopérateurs.
Sagissant
de lavenir du FONCAP, après avoir établi une nouvelle structure
de gestion, le fonds devra s'attacher avant tout à renforcer ses
capacités de façon à pouvoir offrir aux pauvres des services financiers
par le biais dorganisations partenaires viables, en sinspirant
de lexemple de PKSF au Bangladesh.

A) Structure juridique/du capital social
: le fonds de microcrédit du FONCAP se chiffre à 40 millions de
dollars et est entièrement financé par le gouvernement argentin.
Régi par un accord fiduciaire de 30 ans, le fonds est administré
par FONCAP SA, une société privée à participation publique (lÉtat
détient 49 % des parts) et privée (les 51 % restants sont détenus
par des ONG). Cette structure, qui accorde une participation majoritaire
au secteur privé, garantit lautonomie du fonds et lui permet
de définir ses propres orientations et stratégies à long terme indépendamment
des changements dadministration publique.
B)
Structure de direction : lorgane directeur du FONCAP est le
conseil dadministration. Sa composition reflète la prépondérance
du secteur privé, qui est représenté par 9 membres, tandis que le
secteur public na que 4 représentants. Pour préserver lefficacité
et lautonomie du fonds, le conseil dadministration est
le seul à pouvoir nommer et limoger les dirigeants et les cadres.
C) Gestion
: les responsables des deux secteurs, microbanques et microentreprises,
forment la structure dencadrement de lorganisation.
Organigramme

CONSEIL DADMINISTRATION ET DIRECTION
Dans
le secteur microbanques, lactivité dominante est le secteur
des services financiers aux microbanques, avec les responsabilités
suivantes:
Évaluer la viabilité
financière des projets de microbanques, soumettre des plans de développement
au conseil dadministration pour approbation, et administrer
le décaissement des prêts et des dons suivant une ventilation appropriée
des ressources entre les microbanques. Deuxièmement, superviser
et contrôler ces opérations afin didentifier tout dérapage
au niveau du ciblage et de lexpansion des opérations ou de
la population desservie.
Établir des rapports mensuels sur le stade davancement de
chaque microbanque, la qualité des services offerts et la population
desservie, à la lumière des objectifs définis dans le plan de développement
de chaque microbanque.
Promouvoir la création et lutilisation dautres
instruments financiers adaptés à la situation spécifique de certains
opérateurs qui fournissent des services aux microentreprises urbaines
et rurales.Les services dappui (assistance stratégique et
technique aux microbanques) ont les responsabilités suivantes :
Adaptation des technologies et méthodologies de microcrédit qui
se sont avérées efficaces et économiques pour certains opérateurs
en vue de leur transfert à dautres opérateurs.
Formation
des opérateurs éventuels aux meilleures pratiques de microfinance.
Encourager les opérateurs qui représentent le marché des entreprises
et le marché financier à soutenir, créer et développer leurs opérations
microbancaires.
Faciliter la formation de nouveaux spécialistes de la
microfinance.
Promouvoir la spécialisation des services dappui à la microfinance
dans des domaines tels que : conseil commercial, ressources humaines,
systèmes informatiques et formation.

Les
statuts du FONCAP autorisent la création de nouveaux fonds de microcrédit
et les nouveaux administrateurs. Les 40 millions de dollars dactions
initiales sont considérés comme un capital de démarrage, qui peut
servir à investir à part égale avec dautres bailleurs dans
de nouveaux fonds dassistance aux microentrepreneurs pauvres.
Ces fonds peuvent avoir une orientation régionale (par exemple,
opération de microcrédit dans une province) ou sectorielle (par
exemple, femmes pauvres dans le secteur agricole). Lobjectif
est didentifier les besoins régionaux et sectoriels et de
créer des partenariats avec des entreprises et des ONG qui ont des
raisons locales spécifiques de poursuivre ces initiatives. La généralisation
du modèle du FONCAP à travers le pays encouragera le processus de
décentralisation, favorisant ainsi lautonomie.
Le
FONCAP ne juge actuellement pas nécessaire davoir recours
à des prêts institutionnels ou commerciaux. Le financement ne pose
pas de problème jusquà présent. Le seul goulet détranglement
est la capacité des programmes de microcrédit à répondre aux besoins
des pauvres et des très pauvres.

a)
Critères de sélection des IMF :
Les IMF qui utiliseront
directement ou indirectement les ressources du FONCAP doivent répondre
aux conditions suivantes :
Appartenir au
secteur privé ou social, démontrer leur engagement à fournir des
services aux microentrepreneurs ;
Démontrer leur
engagement exclusif à fournir des services au secteur des microentreprises
(par linstitution, ou par un programme de linstitution
dont la comptabilité sera vérifiable et tenue à part des autres
activités) ;
Avoir une équipe de gestion centrale
qui se consacrera exclusivement à ce secteur ;
Adopter des critères daction qui favorisent lefficacité
et lautonomie de linstitution ou de ses programmes ;
Soumettre un plan daction triennal qui démontre
: un niveau raisonnable de compétence technique de la part des responsables
; laptitude de lorganisation à atteindre son objectif
; un environnement physique adapté à la poursuite de ses activités
; des méthodes adéquates dévaluation technique, économique,
financière et institutionnelle des entrepreneurs qui recevront un
financement et une formation ;
recruter un cabinet daudit externe, dans une liste approuvée
par le conseil dadministration, pour vérifier le bilan et
les performances de lactivité de lIMF ;
Autoriser
le Département général daudit national, ou toute autre instance
désignée par ce dernier dans les limites budgétaires autorisées,
à vérifier la gestion du FONCAP, ses bilans et ses
performances globales.
b) Règles comptables et daudit
: Comme mentionné, les IMF sengagent à autoriser les services
du FONCAP ou des auditeurs externes à vérifier et suivre leurs opérations.
Le FONCAP assure trois principaux types de contrôle :
Suivi de la mise en place du programme de microcrédit
conformément aux objectifs définis dans le plan de développement
: cette activité mensuelle examine lévolution du nombre de
clients, le portefeuille en cours, le résultat et les dépenses dexploitation,
ainsi que toutes les données nécessaires pour déterminer dans quelle
mesure lIMF a atteint ses objectifs en termes de niveau dactivité
et dautonomie opérationnelle.
Contrôle de la qualité du portefeuille : quatre fois par an, le
profil de remboursement dun échantillon représentatif de clients
des IMF est examiné. Les méthodes de crédit et le montant des provisions
pour créances douteuses peuvent être modifiés à la suite de cet
audit.
Audit de clientèle : le profil des clients figurant dans
le portefeuille des IMF est vérifié quatre fois par an. De cette
façon, le FONCAP sassure que les fonds sont bien versés aux
microentrepreneurs pauvres et quils sont utilisés à de bonnes
fins.
c) Gestion de lépargne : le FONCAP
joue un rôle neutre à cet égard. La mission du fonds de microcrédit
est de mettre en place des facilités de prêt qui répondent aux besoins
des microentrepreneurs pauvres et très pauvres.
d) Évaluation de la gestion des impayés
et de la performance des IMF : les informations fournies par les
IMF et les rapports des auditeurs ainsi que les services de suivi
servent à évaluer la performance des IMG. Cette évaluation porte
sur les éléments suivants :
Affectation des fonds à la population cible du FONCAP. Si
une IMF ne finance pas les microentrepreneurs pauvres, son contrat
peut être résilié.
Analyse quantitative du portefeuille : montant de lencours
de crédit et nombre de clients.
Analyse qualitative du portefeuille : détermination du montant
des créances douteuses et impact sur la situation nette de lIMF.
Analyse du ratio
dettes/situation nette (il ne doit pas excéder sept).
Analyse du compte de résultat audité pour déterminer si lIMF
est financièrement autonome ou si elle peut le devenir dans des
délais raisonnables.
Le FONCAP met
au point des outils de mesure pour évaluer limpact du microcrédit
sur les pauvres et les très pauvres.

a)
Systèmes dinformation de gestion (SIG) : les membres du conseil
dadministration du FONCAP ont accès aux données concernant
les opérations du FONCAP et des IMF.
b)
Valorisation des ressources humaines : lun des principaux
objectifs du FONCAP est daider à renforcer les ressources
humaines spécialisées dans la microfinance par des cours de formation
associés à des travaux sur le terrain de façon à acquérir une expérience
pratique.
c)
Développement institutionnel : En ouvrant une ligne de crédit dappui
de 4 millions de dollars, le FONCAP contribue à renforcer les capacités
ainsi que la viabilité institutionnelle et financière des IMF, et
dispose également de ressources pour améliorer ses propres capacités.
Ce type de prêt, convertible en subventions, savère être un
outil puissant pour atteindre lautonomie financière et pour
renforcer les capacités institutionnelles des IMF, en particulier
les nouvelles venues dans le secteur du microcrédit.
d) Cadre
réglementaire : le FONCAP prépare un cadre réglementaire pour le
secteur du microcrédit. Deux consultants sont chargés de cette tâche.
Le but du FONCAP est de faire promulguer par le gouvernement une
loi définissant un cadre réglementaire qui contribuera à consolider
le secteur de la microfinance.

|
Portefeuille
des opérations
|
|
$
9 249 360
|
|
Portefeuille à risque
|
|
$ 1 164
754
|
|
Décaissements
|
|
|
|
Encours de crédit
|
|
$
2 585 350
|
|
Appui au crédit
|
|
$ 623 040
|
|
Cadre
|
|
|
|
Encours de crédit
|
|
$ 14 574
798
|
|
Appui au crédit
|
|
$ 2 754
757
|
|
Clients
|
|
|
|
Clients actifs
|
|
11 095
|
|
Solde de crédit
|
|
$
834
|
|
Taux implicite
|
|
5,5%
|
|
Autonomie opérationnelle
|
94,9%
|

12.1
Les départements dinitiatives locales (DIL) ont été créés
en 1996 pour administrer le Projet
pour les initiatives locales parrainé par la Banque mondiale. Les
DIL sont des services des Fondations pour lemploi et la formation
(FEF) créées par lÉtat dans chacune des entités constituantes
de la Bosnie-Herzégovine - la Fédération et la République serbe.
Les FEF distribuent les fonds aux programmes demploi. Les
DIL jouissent dune grande autonomie au sein des FEF et collaborent
entre eux, en partageant certaines fonctions et services.

Les
DIL fonctionnent comme des institutions faîtières. Ils distribuent
les fonds aux IMF qui fournissent des prêts à la clientèle cible.
Les DIL suivent les résultats des IMF et basent leurs décisions
de financement sur ces résultats. Ils fournissent également une
assistance technique et une formation à leurs institutions partenaires
pour les aider à renforcer leurs capacités institutionnelles et
à se familiariser avec les meilleures pratiques de microfinance.
Ils font également des démarches pour créer un environnement juridique
et réglementaire plus favorable à la légalisation des IMF en Bosnie.
Le
Projet pour les initiatives locales a été lancé au début de 1997,
à la suite dun projet pilote mené par six ONG en 1996. Au
terme dun rigoureux processus de sélection, les DIL ont sélectionné
dix-sept ONG comme partenaires dexécution, douze dans la Fédération
et cinq dans la République serbe. Des contrats ont été signés en
avril/mai 1997 avec les organisations de la Fédération et en septembre/octobre
1997 avec celles de la République serbe. Sur les 17 ONG, 14 sont
des organisations locales et trois sont des organisations internationales.
Les
IMF sont initialement recrutées en qualité dagents signataires
dun contrat-programme. Les DIL octroient un fonds de crédit
aux IMF, lesquelles gèrent le fonds et rétrocèdent des prêts aux
clients cibles. Les IMF reçoivent également une aide financière
pour couvrir leurs charges dexploitation et investissements
initiaux, sous forme de subvention dégressive. Techniquement, les
DIL sont propriétaires des fonds de crédit, mais les IMF gèrent
ces fonds comme sils leurs appartenaient en propre. Les IMF
utilisent les intérêts échus sur les prêts pour couvrir leurs pertes,
verser une commission dutilisation des fonds aux DIL et payer
un pourcentage croissant de leurs charges dexploitation. Ce
dispositif permet aux DIL dévaluer les capacités institutionnelles
des IMF et de recouvrer le fonds de crédit en cas de mauvais résultats
et de défaut de remboursement. Il fournit également une base juridique
pour ce système de rétrocession qui fonctionne dans un environnement
où les ONG ne sont pas légalement et explicitement autorisées à
consentir des prêts.
À
la fin de 1998, les DIL ont évalué la performance de leurs 17 IMF
partenaires à la lumière de leurs critères institutionnels et financiers.
Lobjectif était de déterminer quelles organisations avaient
démontré leur aptitude à devenir des institutions de microfinance
viables. Toutes les institutions affichaient de bons résultats.
Le nombre de clients actifs par IMF variait entre 150 et 1 500,
avec un portefeuille moyen entre DM 250 000 (125 000 dollars) et
DM 2,2 millions (1,1 million de dollars). Les IMF avaient mis en
place systèmes divers danalyse et de suivi des prêts, dinformation
sur leur portefeuille, de gestion des impayés, de gestion financière
et de contrôle interne. Les indicateurs clés de performance étaient
également bons :
|
Indicateurs
clés de performance (moyenne pour 17 IMF)
|
| Portefeuille
à risque (arriéré de 30 jours) |
1,92% |
| Abandons
de créances (% de lencours moyen de crédit)
|
0,66% |
| Coût
par DM prêté |
0,11 |
| Nbre
de prêts par chargé de prêts - prêts individuels
|
122 |
| Nbre
de prêts par chargé de prêts - prêts collectifs
|
210 |
| Autonomie
financière |
68% |
Toutes
les IMF ne répondaient cependant pas aux critères dévaluation
des DIL. À partir de lévaluation, les DIL ont décidé de continuer
à financer cinq IMF de la Fédération et trois IMF de la République
serbe.

Lappui
au renforcement des capacités institutionnelles des partenaires
est lun des principaux objectifs des DIL. Une assistance technique
et une formation ont été fournies dans le cadre de séminaires, de
voyages détude et de conseils techniques.
En
1997-98, onze séminaires ont été organisés sur les sujets suivants
: principes et méthodologies de microcrédit, formation des chargés
de prêts ; comptabilité et gestion financière ; et planification
en vue datteindre lautonomie. Trois voyages détude
ont été organisés en Bolivie, en Égypte et en Pologne.
Le programme dassistance technique (AT) de 1999 a été élaboré
sur la base des données fournies par les IMF lors dun atelier
de planification participative présenté en décembre 1998. Le programme
prend en compte les requêtes exprimées par les IMF concernant lAT
:
lAT doit être souple et impulsée par la demande
lAT doit respecter
des critères de continuité et de cohésion
lAT doit être adaptée aux besoins
de chaque organisation.
Le
programme dAT de 1999 comprend des séminaires, des voyages
détude et des conseils spécialisés dans les domaines suivants
: diffusion de linformation sur les meilleures pratiques de
microfinance auprès de lensemble des IMF Bosnie-Herzégovine
; formation en comptabilité et gestion financière ; voyages détude
au Bangladesh, en Colombie et en Pologne ; formation en gestion
; formation sur la constitution de conseils dadministration
; et formation sur le nouveau cadre juridique et le développement
institutionnel.

Lun
des objectifs centraux du projet pour les initiatives locales est
de créer un cadre juridique et réglementaire clair pour les services
dépargne et de crédit offert aux travailleurs indépendants
et aux microentrepreneurs. En 1998, un processus participatif a
été lancé pour mettre en place ce cadre avec lappui de la
Banque mondiale et de lUSAID. Des équipes de spécialistes
ont été constituées dans chaque entité, avec des représentants des
institutions de microcrédit, du Ministère des finances, de lorganisme
de contrôle bancaire et du Département des initiatives locales.
À
la fin de 1998, un avant-projet de loi avait été élaboré définissant
quatre formes juridiques :
Association de microcrédit (crédit exclusivement,
organisation à but non lucratif, supervision non formelle)
Société de crédit
(crédit exclusivement, société à but lucratif, supervision non formelle)
Association dépargne
et de crédit (services dépargne et de crédit aux adhérents,
accréditée et contrôlée par lorganisme de contrôle bancaire)
Institution de microfinance (épargne
et crédit, organisation en société, accréditée et contrôlée par
lorganisme de contrôle bancaire)
Lavant-projet
de loi sera examiné plus en détail et soumis au gouvernement pour
étude et promulgation.

Nombre
total de prêts décaissés : 14 347
Valeur
totale décaissée : 41 373 660 DM (USD 20 694 974)
Nombre
total de clients actifs : 8 864
Encours
total de crédit : 149 467 435 DM (USD 74 763 139)
Le
projet pour les initiatives locales a reçu 19 millions de dollars
de la Banque mondiale, du PNUD, du Haut Commissariat des Nations
Unies pour les réfugiés et des gouvernements des pays suivants :
Australie, Italie, Japon, Pays-Bas, Norvège et Suisse. Plus de 70
% des fonds reçus à ce jour ont servi à financer le fonds de microcrédit.

Lobjectif
stratégique des DIL est de fournir un appui aux institutions de
microfinance qui ont démontré leur aptitude à devenir financièrement
autonomes et à offrir des services réguliers à un grand nombre de
microentrepreneurs à faible revenu.
Toutes
les IMF qui répondent aux critères de performance mutuellement retenus
pourront recevoir des capitaux des DIL en qualité dinstitutions
de microfinance indépendantes et financièrement viables. Ces critères
sont les suivants :
une
vision claire et un engagement envers les microentrepreneurs à faible
revenu
un
plan stratégique dentreprise viable
un
système comptable conforme aux normes internationales et assorti
de contrôles internes
premier prêt dun montant
inférieur à 5 000 DM (2 500 dollars) et montant moyen des prêts
inférieurs à 10 000 DM (5 000 dollars)
Moins de 5 % de prêts en portefeuille
ont un arriéré de 30 jours
Moins de 3 % dabandon de créances
(de lencours annuel moyen de crédit)
Moins de 5 % de prêts ré-échelonnés
dans le portefeuille actif
Les
coûts sont intégralement couverts par des fonds autres que des subventions
(par exemple, par les produits dexploitation), y compris les
provisions pour créances douteuses et le coût des ressources, retraité
au titre des coûts subventionnés par les bailleurs de fonds
10
% des actifs sont financés par des ressources locales autres que
les bénéfices non distribués.
Les
DIL recueilleront dautres données sur limpact de ces
prêts sur les entreprises des clients ainsi que sur le revenu et
le bien-être de leurs familles, de même que sur les obstacles auxquels
sont confrontés les travailleurs indépendants et les microentreprises.
Les DIL poursuivront leurs efforts afin de mettre en place un cadre
juridique et réglementaire approprié pour les IMF.
Références
Le rôle dune institution financière
faîtière dans le financement des programmes de microcrédit : La
Palli Karma-Sahayak Foundation (PKSF) au Bangladesh. Dewan A.H.
Alamgir, CDF/CGAP, Dhaka, 1997.
PKSF, Rapport annuel 1997-98.
Rapport dévaluation des services de la Banque mondiale : Projet
de microfinance pour la lutte contre la pauvreté au Bangladesh,
août 1996.
FONCAP S.A - Fondo de Capital Social; rapports divers.
PROJET POUR LES INITIATIVES LOCALES: Prêts aux microentreprises
en Bosnie-Herzégovine ; Rapport de janvier 1999.
Yunus, Muhammad ; "How Donor Funds could Better Reach and Support
Grassroots Microcredit Programs Working Towards the Microcredit
Summit's Goal and Core Themes (Comment les bailleurs
de fonds pourraient mieux atteindre et soutenir les programmes de
microcrédit locaux visant à poursuivre les objectifs et les thèmes
centraux du Sommet du microcrédit). Abidjan, juin 1999.
Note
en bas de page
1. La
Campagne du Sommet du microcrédit définit "les très pauvres"
comme la moitié inférieure de la population vivant en dessous du
seuil de pauvreté.
2. Aux
fins de ce rapport, du Sommet du microcrédit de 1997 et de la campagne
pour la réalisation en neuf ans des objectifs du Sommet, toute référence
au microcrédit désigne les programmes accordant aux personnes très
pauvres des crédits visant à développer de petites activités indépendantes
génératrices de revenus, ainsi que d'autres services financiers
et d'appui aux entreprises (y compris épargne et assistance technique).
3. Trois
expressions doivent être clairement définies dès le départ : FMC,
IMC et PMC. Un FMC est un fonds apex ou secondaire qui fonctionne
comme un grossiste en microcrédit ; une IMC est une institution
(ONG, coopérative, etc.) qui a des activités de détail (rétrocession
à des emprunteurs individuels) ; un PMC est un programme de microcrédit
géré par une IMC. La distinction entre IMC et PMC est que les PMC
ne sont qu'un type de programme géré par les IMC. Outre les PMC,
de nombreuses IMC ont d'autres programmes (dits " crédit plus
") dans les secteurs de la santé, de l'éducation, de la nutrition,
etc.

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